Dans le désordre / Marion Brunet – Sarbacane (coll. X’prim), 2016

couv-dans-le-desordre-620x987Subcomandante Marcos : « La lucha es como un círculo, se puede empezar en cualquier punto, pero nunca termina… »


La lutte est comme un cercle, elle peut commencer à n’importe quel point, mais ne se termine jamais …

(> traduction de qualité inclue dans le forfait gratuit de votre lecture)

Jour de manif’. La rage au ventre, l’espoir au cœur, et la défense aux talons, la rue est de sortie. Il suffit de peu pour que la colère s’embrase. C’est dans le désordre ambiant que Jeanne, Basile et tous les autres se rencontrent. Parce qu’ils refusent de se conformer, parce qu’ils ont envie d’autre chose, ils décident de vivre ensemble, dans un squat où ils auraient leurs propres règles.

Difficile d’en dire plus, sans en dire trop… Promis, on va tenter de respecter le lectorat.
En tout cas, comme la révolution ne se fait pas sans casse, chacun devra faire des choix et vivre avec les conséquences de cette vie marginale.

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Comme chaque ouvrage de la collection X’prim, Dans le désordre propose une playlist choisie par l’auteur  – et on ne va pas se mentir, ça aide parfois bien à se mettre dans l’ambiance.
Incroyable mais vrai, Marion Brunet n’a pas retenu « tata yoyo » ou « big bisous ». Par contre, une auteure qui met, côte à côte, dans la bande son de son bouquin Leonard Cohen, PJ Harvey, Beyrut, Sex Pistols, Keny Arkana, Noir Désir et Iggy Pop ne peut que faire un roman qui va me plaire.

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Keny Arkana, la rage.

Bon, on n’est pas là pour faire de la critique musicale donc… Allons-y !

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Ça aurait pu être une histoire d’amour entre Jeanne et Basile. La rencontre, les regards, les gestes et les mots pour se rapprocher, le grand frisson du premier baiser et les grandes discussions dont seuls les adulescents de moins de 23 ans ont le secret.

Ça aurait pu être juste une histoire d’amitié entre sept personnes très différentes, un peu paumées mais déterminées.

Mais Dans le désordre va bien au-delà. Ça parle de justice sociale, d’espérance, de contre-courants de pensées, de consommation, d’anarchisme, des relations familiales, des manifs, de quand on avait 20 ans et qu’on voulait changer le monde.

Dans le désordre, c’est une façon joliment écrite de rappeler à chacun quels étaient ses rêves, ses espoirs, ses combats et jusqu’où nous avons lissé nos propos, « regardé d’en haut », jusqu’où nous sommes devenus le père de Jeanne, et jusqu’à quel point nous nous sommes résignés.

Ce roman pose des questions et est véritablement intelligent. Ça ne vous juge pas (vous aurez même le droit d’aller manger dans le restaurant du clown sans culpabiliser après votre lecture), ça ne vous ment pas (et ouais p’tit gars, la vie de marginal, c’est loin d’être le club med’) mais ça dresse un portrait sociétal des relations humaines et, faut bien l’avouer, ça fait un peu réfléchir.

Et la vraie force de Marion Brunet réside dans sa facilité à livrer un roman intergénérationnel où chacun y verra ce que son propre reflet renvoie (Miroir, miroir, …).

Un uppercut, un cri d’amour, de rage, un livre qui secoue, remue, interroge, attendri…

Bref, Dans le désordre pue la vie.

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