Le Populaire Larispemois : « Les Mystères de Larispem enfin dévoilés » !

une-petit-larispemoi-1Vendredi, les merveilleuses rédactrices du magazine Lansdepic ta Lagepuche, le supplément littéraire mensuel du Populaire Larispemois, ont eu l’extraordinaire opportunité de rencontrer l’auteur (que nous appellerons LPP afin de la protéger) de ce brûlot qu’est Les Mystères de Larispem. Retour sur cette rencontre à haut risque.

sans-titre

pas très larispemois comme style…

 

Il y a sur cette terre des personnes qui œuvrent sans relâche, à leurs risques et périls, à la diffusion de l’information, et ce quels que soient les dangersà affronter. Balsamine M. et Nivôse L., les deux sensationnelles reportrices littéraires du Populaire Larispemois sont de cette trempe-là. C’est sans hésiter qu’elles ont bravé mille périls pour rencontrer LPP, l’auteur du pamphlet anti-révolutionnaire Les Mystères de Larispem.

Force est de constater que le Gouvernement ne sait pas comment traiter cet imprimé, qui place notamment notre chère Présidente dans une situation assez embarrassante, semblant laisser croire que la situation à Larispem n’est pas aussi idyllique que l’on pourrait le croire ;  dans un même temps, LPP démontre ouvertement l’absolue abjection des Frères de Sang, ces monstres, ces « spécialistes de la mort », comme les nomme si bien notre bon citoyen Vilain.

A Lansdepic ta Lagepuche, nous n’avons pas peur d’affirmer que toutes les voix doivent pouvoir se faire entendre (car nous sommes évidement convaincue de l’absolue bienveillance de notre Présidente). Voici donc, en exclusivité, la voix de LPP, puisse-t-elle trouver une oreille écoutissante.

NDA : Nous avons, en notre âme et conscience, choisi d’écrire les mots exacts de LPP, parce que c’était une discussion très géniale et trop cool, et qu’on avait pas envie que ça se transforme en truc ennuyeux et carré. Ça ne ressemblerait en rien à ce qu’il s’est passé ce soir-là. Par contre, on a quand même  réarrangé les questions pour qu’il y ait une cohérence dans le déroulé, parce que ce qui a du sens à l’oral en a parfois moins à l’écrit, quand t’as pas les petites blagounettes qui vont avec la spontanéité du moment.

A propos d’elle-même

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image chipée sur le site de Gallimard, puisque par pudeur, nous n’avons pris aucune photo…

 

Lucie Pierrat-Pajot LPP est une jeune auteur d’à peu près le même âge que nous. La vérité, c’est qu’on ne lui a pas posé la question, mais on trouve toutes les réponses sur le site de son éditeur, Gallimard Jeunesse. Elle est bourguimignonne, aime grimper aux arbres, et a, apparemment une sœur.

 

De toute évidence, notre professionnalisme nous a encore fait défaut ce soir-là, puisque aucune de ces questions ne nous ont effleurées l’esprit.

Nous savons par contre qu’elle raconte des histoires depuis qu’elle est toute petite, et qu’elles écrit depuis ses 12 ans (à peu près).

Nous savons qu’elle est très accessible, avec un sens de l’humour et de l’auto-dérision très développée ; sans se prendre au sérieux, elle a répondu de façon intelligente à toutes nos questions, qui étaient pourtant loin de l’être. Attentive, ouverte, rigolote, hyper fun et bavardant volontiers, voici la Lucie que nous avons rencontrée. Ici les quelques questions existentielles que nous lui avons posées.

DTP : Comment fais-tu pour être aussi méga-géniale, est-ce naturel ou as-tu besoin de travailler ?

LPP : Ma génialitude est naturelle, mais il faut cultiver le personnage, et avoir des groupies un peu hystériques (c’est nous) ça aide à se sentir géniale (si on peut aider…).

DTP: Es-tu végan ?

LPP : Non, je ne suis pas végan, mais je suis certainement moins carnivore que les bouchers qui apparaissent dans mon livre. Peut-être que je pourrais le devenir, mais ce serait quand même triste pour moi de ne plus manger une bonne petite côte de bœuf de temps en temps.

DTP : On a presque 30 ans et on est fan de toi, est-ce que tu penses que c’est un bon indicateur sur l’échelle „j’ai réussi ma vie“

LPP: Je pense que c’est plutôt cool, de toute façon,  d’avoir des fans, quel que soit leur âge. Même si vous aviez trois trois ans, je serais fière de moi. Peut importe l’âge du fan, si on a des gens qu’on a réussi à toucher, qui sont contents, ben, j’estime que j’ai bien fait mon boulot d’auteur.

DTP: Laprarlem-tu louramentoc louchebem ?

LPP : Non. Je ne parle pas couramment louchebem, il y a certains mots que je commence à pouvoir inverser sans y penser, lercimuche pour dire merci, lerdemuche pour dire merde par exemple, mais non, je ne le parle couramment, car je ne suis pas bouchère…

DTP : Mais par contre ton mari est boucher

LPP: Mon mari est un véritable boucher, authentique…

DTP : Parce qu’on se demandait un peu d’où ça venait, c’est pas si connu que ça le louchebem, c’est étonnant comme idée…

LPP: C’est lui qui me l’a appris, et c’est comme ça qu’est venue l’idée du roman, s’il ne m’avait pas parlé de l’argot des bouchers, les Mystères de Larispem n’auraient certainement jamais existés.

DTP : Et notre vie serait hyper triste…

LPP : Et votre vie serait d’une laideur….

DTP : Absolue, c’est clair.

A propos des Mystères de Larispem

larispem

Les Mystères de Larispem / Lucie Pierrat-Pajot -Gallimard, 2016.

 

DTP : Es-tu en train d’écrire le tome 2? et le tome 3 ?

LPP : Alors, le t3  pour l’instant n’est qu’à l’état de brouillard vague et complètement in-structuré, donc je corrige le t2 et ensuite c’est parti pour le t3. Mais je navigue complètement à vue, et je ne sais pas trop ce qu’il y aura dedans….

DTP : Mais tu sais que ça se termine après le t3 ?

LPP : C’est ça. Je ne sais  pas comment ça va  se terminer par contre. Je sais à peu près ce qu’il va arriver aux personnages, à peu près… Mais c’était comme ça aussi pour le t2, très brumeux, donc je m’inquiète pas trop, parce que je sais maintenant que c’est comme ça. Que c’est flippant, mais qu’en général ça marche…

DTP: As-tu l’impression, que, de temps en temps, tes personnages font ce qu’ils veulent ?

LPP : Ouai, dans le t2, Liberté fait un truc que j’avais pas prévu, et que j’ai pas pu changer parce que c’était vraiment ce qu’il fallait faire, mais c’était vraiment pas prévu…Je suis restée là, et je me suis dit : « non… ». Et j’ai effacé ça de mon ordinateur. Je me disais : « tu peux pas faire ça, ça va mal finir », et si…en fait, si si , tu vas le faire, ça va pas être bien pour toi mais tu vas le faire quand même parce que c’est ce qu’il faut que tu fasses… Et c’était pas du tout prémédité… Il y a plein de choses qui étaient pas préméditées en fait, c’est ça qui est intéressant, c’est quand on découvre soi-même l’histoire, c’est le côté un peu magique du truc.

DTP : C’est bien, en fait t’es Dieu…

LPP : Ah ben oui, c’est ça. Mais des fois les personnages ne sont pas d’accord avec les plans de Dieu, ils se rebellent contre la volonté divine, et font leur petite vie, et c’est là que c’est vraiment intéressant…

DTP : Ce qui est dingue, c’est qu’il y a plein de romans dans lesquels on sent que les personnages, ils n’étaient pas supposé faire ça, mais, on voit qu l’auteur s’est dit: « bon ben y a pas le choix… »

LPP : De toute façon, je voulais que les personnages évoluent. Parce qu’ils sont pas très marqués dans le 1er tome, Liberté par exemple, et Nathanaël, se sont des personnages relativement passe-partout. Liberté c’est la bonne copine qu’on aimerait  avoir, sympa, qui est gentille. Nathanaël, ben, il cherche complètement sa voie, il sait pas trop ce qu’il va faire ; il voulait faire boucher avant, puis finalement non, puis en fait il sait pas, puis quand il tombe sur ses bulletins de notes ça le déprime totalement parce qu’il se rend compte que bon, ça va pas être simple… Ils sont forcément amenés à évoluer, et dans le t2 ils évoluent énormément…

DTP : Effectivement, les personnages, c’est pas des héros nés… bon il y a Carmine qui a un fort caractère, mais c’est pas vraiment elle le personnage principal

LPP: Elle fait partie du trio de tête quoi

DTP : oui, et ce qu’on trouvait hyper intéressant du coup, c’est qu’ils ont hyper accessibles, on peut vraiment s’ identifier à eux…

LPP: Et vous, les filles, quel est votre personnage préféré ?

LDTP : moi c’est Liberté, moi j’aime bien quand les personnages sont pas trop brillants quoi, quand on sent qu’ils sont hyper maladroits...

LPP : Ouai Liberté… j’ai beaucoup de mal avec les personnages qui savent tout faire naturellement, les pro des arts martiaux, hyper beaux, parfaits….

A propos de sa façon d’écrire

ecriture

la petite Lucie, 12 ans, écrivant des histoires futurement géniales dans sa cabane dans les arbres

 

DTP : Est-ce que tu commences par avoir une idée de l’histoire générale, et après t’as les personnages qui viennent ? Ou est-ce que tu fais, par exemple, des fiches par personnages, sur lesquelles tu t’écris leur caractère, ou ça vient au feeling, et dans ce cas, c’est vraiment magique ?

LPP : Ben c’est plutôt ça en fait. (Coolitude, quand tu nous tiens…) Parce que j’aime pas faire des fiches, même quand j’ai une idée, j’aime pas la mettre sur papier. J’ai l’impression que les idées c’est des petits poissons qui nagent, et si tu les sors de leur bocal, ben ils crèvent. Donc je préfère les laisser patauger en toute liberté et après voir ce que ça donne. J’ai essayé une fois de faire un roman en partant d’une structure, et tout était hyper carré, droit, et en fait, je l’ai jamais terminé, parce que c’était ennuyeux, et ça ne m’allait pas du tout comme méthode…

DTP : Mon mec fabrique des sécateurs, est-ce que ca t’inspire ?

LPP : D’un mec qui fabrique des secteurs, je peux te faire une nouvelle, y a pas de problème. Ça peut faire un bon polar même.. Après, tout peut devenir une idée, il faut juste que ce soit une idée viable, parce que c’est facile d’écrire un texte de quatre paragraphes avec n’importe quelle idée, mais c’est beaucoup plus difficile d’en faire un roman qui tient la route.

Des fois on se rend compte que même si on a une super idée à la base, qu’on est super enthousiaste, ben, ça tient pas, à la fin. Après, le roman que j’ai écrit avant celui-là, je l’aime beaucoup, j’aimerai bien qu’il sorte de mes tiroirs. Il s’appelle Le Diable et l’Aiguille, il se passe à la campagne, et il est autant rural que celui-là est urbain. Il s’inspire des chansons de Malicorne, donc y a une histoire de vengeance, de pacte avec le Diable, le tout se passant à la campagne et là, par exemple, le point de départ c’était une chanson. Un autre que j’ai écrit, le point de départ c’est un rêve, et le rêve était bien, donc j’avais écrit à partir de l’idée du rêve, et autre c’était une anecdote.. Donc ça peut être tout et n’importe quoi maaaaiss, il faut que ça tienne la route.

images-duckduckgo-com

Malicorne, le groupe folk de mon enfance, spéciale dédicace à Emma…

 

DTP : Est-ce que t’es dans un trip frénétique d’écriture, tu vas ressortir d’autres livres ?

LPP : Non, en fait, y en a qu’un que j’ai envie de ressortir, et celui dont je viens  de vous parler. Celui-là il me tient à cœur, parce que moi quand j’étais gamine, j’étais à la cambrousse, j’habitais dans un hameau où y avait 30 personnes en période de pointe, je te dis pas, c’était la vraie campagne quoi… Du coup, autant dans celui-là y a pas beaucoup de moi, autant dans Le Diable et l’épingle, il y aura plus de moi. Après, les autres romans que j’ai écrit, ils ont moins d’intérêt. Quand je les ai écrit, j’étais trop jeune, du coup c’est pas terrible au niveau du style, il faudrait tout reprendre et puis ça vaudrait pas le coup. Mais il y a des éléments de certains que que j’aime bien… par exemple, j’ai écrit un roman de fantasy, quand j’avais 15 ans, et en fait, y a plein de choses qui ne vont pas du tout… C’était l’époque du Seigneur des Anneaux, j’étais amoureuse de Légolas, comme tout le monde, et bon, ça va du tout, mais y a un personnage que j’aime bien , et que je réutiliserai peut-être d’une autre façon… donc voilà, il n’y aura pas une déferlante Lucie Pierrat- Pajot…

DTP : Et le steampunk, c’est un truc qui te plait ? Ou ça s’est imposé à cause de l’histoire ?

LPP : Le steampunk, c’est plus l’univers qui m’attire. J’aurais du mal à citer un roman que j’ai kiffé, parce qu’en fait il y en a très peu… C’est plus facile de citer un illustrateur qu’un écrivain… Ce qui est pratique avec le steampunk, avec ces genres hyper-codifiés, c’est que tout le monde voit à peut ce que c’est, et c’est pas mal, parce que du coup, les gens voient où tu veux en venir, ils comblent les trous dans leur imaginaire. Les Voxomatons sont un bon exemple, moi et l’illustrateur, on les imaginait pas du tout pareil, mais c’était quand même cadré par le style steampunk…

DTP : Je sais pas si tu connais Lupiot, du  merveilleux blog Allez-vous faire lire, elle fait des supers articles sur les noms des personnages…

LPP : Oui, j’ai vu ça…

allezvousfairelire

la chouette (ahah, DTP, 1er sur la vanne) Lupiot, de notre inspiration à tous allezvousfairelire.com

 

DTP : Du coup, on se demandait, comment tu as choisis les noms de tes personnages ? Nous on s’intéressait pas forcement à la question, mais depuis qu’elle écrit ces articles, on trouve que c’est vraiment passionnant ces histoires de prénoms là…

LPP : D’ailleurs, j’ai même était me rencarder dans ses articles pour chercher un petit peu…

DTP : Ahhh, voilà…

LPP: Pas pour le t1, mais pour le t2…. En fait, ça dépend des personnages. Pour Liberté, il me fallait un prénom révolutionnaire. Vous savez qu’après la Révolution française, les prénoms ça partait un peu en sucette (évidemment… on sait plein de trucs nous…#non) on mettait tout et n’importe quoi, donc des Liberté, des Égalité, des Justices. Les noms de fleurs aussi, Violette, Rose… tout ça, ça vient de la Révolution française, et comme il lui fallait un prénom un peu dans cette mouvance révolutionnaire, Liberté ça me semblait bien convenir. Surtout qu’après, vu les évènements, ça rentre un peu en contradiction avec ce qu’elle est en fait, donc ça tombait bien…Carmine, c’est parce que c’est la couleur rouge, c’est carmin féminisée avec un -e, Cinabre, son frère, c’est aussi une nuance de rouge, donc là c’est facile. Pour Nathanaël, il n’y a pas vraiment de raison, c’est juste parce que j’aime beaucoup ce prénom…Là, j’avoue, c’est tout à fait gratuit. Pour les personnages secondaires, souvent, j’ai été chercher dans des listes de prénoms du 19e siècle. Pour Alcide, par ex, typiquement, il n’y avait pas de raison particulière, mais j’aimais bien ce prénom, je trouvais qu’il y avait une consonance particulière, qui sonne un peu comme acide, qui allait bien avec le personnage, le prof de chimie…

DTP : ça fait pas franchement gentil en plus…

LPP : Et ça fait pas franchement gentil, ça lui convenait bien.

DTP : Quand tu interviens en classe, tu fais quoi du coup, tu travailles sur l’écriture, tu lis?

LPP : Souvent, les enfants ou les ado me posent des questions, sur moi, sur „mon œuvre“, ma vie *rires*, sur un petit peu tout ça.Théoriquement ils ont lu le livre, c’est mieux quand ils l’ont lu, parce que sinon on fonctionne un peu à l’aveuglette, et c’est pas terrible. Mais oui, des questions sur comment je travaille, le temps que j’ai mis à écrire… Et des fois on fait des ateliers d’écriture, cette après-midi, avec les 2cd, je leur donnais deux personnages archétypes du steampunk, par exemple un inventeur et un chapelier, je leur donnais un lieu et un élément supplémentaire, une inondation, un pic de pollution, et ils devaient me faire une petite histoire. Quand ils n’y arrivaient pas je les lançais avec une 1re phrase d’accroche, et voilà. Mais il faut que je peaufine un peu le principe, je peux faire mieux que ça je pense…

DTP : Le meilleur compliment qu’on t’a fait ?

LPP : Une petite élève qui m’a dit qu’elle aimait pas trop lire et que c’était mon roman qui lui avait donné envie d’en lire d’autres…Elle a même était dans une librairie en demandant : « est-ce que vous avez des livres qui soient un peu comme les Mystères de Larispem parce que j’ai bien aimé et j’en voudrai d’autres qui soient comme ça »  *cœur avec les mains*

booyah

nous en sortant de la librairie…

 

Voilà les propos tenus par la citoyenne LPP. Nous jurons sur les livres du citoyen Verne qu’ils sont véridiques. Advienne que pourra.

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