Ma Tempête de neige/ Thomas Scotto- Actes Sud, coll. D’une seule voix, 2014.

c_ma-tempete-de-neige_8756J’ai attrapé un coup d’soleil, un coup d’amour un coup d’je t’aime.

Attention. Cet article, d’une subjectivité encore plus totale que les autres, paraît pour la 1re fois en version non-censurée. L’auteure ne saurait-être tenue responsable de ses propos, étant donnée qu’elle perd tout sens de la mesure lorsqu’elle parle de Thomas Scotto. Encore plus lorsqu’elle parle de Ma tempête de neige. Si vous cherchez un avis éclairé et objectif, si vous n’aimez pas la guimauve et les trucs qui débordent d’amour, passez votre chemin. On vous aura prévenu.

J’ai un problème, je crois bien que je t’aime.

Cet article pourrait être une longue suite de chansons d’amour mielleuses, puisqu’il va vous parler de mon histoire d’amour pour Thomas Scotto. Alors bon, un vrai amour totalement littéraire, platonique, et surtout à sens unique, puisque Thomas Scotto ne sait pas que j’existe. Je ne l’ai moi-même jamais physiquement rencontré, et pour que ce texte ne prenne pas de suite une allure totalement creepy, je préciserais qu’en vrai, c’est des histoires écrites par Thomas Scotto dont je suis amoureuse. (on en est à 4 récurrences de l’expression « Thomas Scotto ». et ce n’est qu’un début. prend toi ça petit robot Google).

moi
bonjour. je ne vous veux aucun mal.

 

 

 

Ca a commencé avec Rendez-vous n’importe-où, un album sur lequel je suis tombée alors que je faisais mon stage d’IUT dans la bibliothèque de ma petite ville. J’étais à l’époque une adulte sérieuse qui ne lisait que des livres de grands, puisque les livres jeunesse, c’est pour les bébés. Et puis il a fallu que je cherche un livre à raconter à une classe. Et là, DEBIM.

rvnp
rendez-vous n’importe où / T. Scotto et I. Monchy- Thierry Magnier, 2003

Je suis retournée dans un monde dont j’avais oublié l’existence et la richesse, un monde auquel j’avais tourné le dos et qui m’accueillait à nouveau les bras ouverts, un monde dans lequel je me sentais bien, en sécurité. Rendez-vous n’importe où, 5 mots qui ont déterminé mon avenir professionnel. Avant, je voulais travailler en section jeunesse parce que j’aimais bien les enfants. Après, parce que la littérature jeunesse me passionne, que je lui voue mille vertus, dont celle de changer le monde, et qu’elle me fait me sentir utile et à ma place.

jadore-lire
lire.lire.lire.lire.lire.lire.lire.lire.

 

Après, je les ai enchaînés, Sans ailes, Sans toit ni moi, A la folie plus du tout, Un poussin mouillé sur le bord de la route, Khodja, Tutto va bene, Jérôme par cœur, Droit devant pour un peu, c’est toute une aventure*, j’en passe et des meilleurs. Au début, je tombais dessus par hasard (on tombe facilement par hasard sur les livres de Thomas Scotto dans les bibliothèques… je soupçonne ne pas être là seule à nourrir cette passion plus-secrète…), et je me disais ‘Tiens, Thomas Scotto, j’ai lu un truc déjà non ?’ puis j’ai pris le destin par quatre pattes, et je me suis mis à chercher ses titres dans les rayons, à les guetter dans mes commandes, à traquer les critiques.

moi
moi quand mon libraire m’a mis un nouveau Scotto dans mon office

 

Et un jour, je suis tombée sur Ma tempête de neige. Et ça a été une vraie tempête de neige. Dans ma page. Un truc fou. Comme un coup de foudre (on en est donc à 3 références à des phénomènes météorologiques sur l’ensemble de l’article, ce qui indique clairement une incapacité de l’auteure maîtriser à les évènements) (oui voilà, c’est ça). J’ai lu le titre, j’ai lu les premières phrases. Et ce que mes yeux ont vu est allé directement essorer mon petit cœur, sans digestion ni analyse préalable, trajet direct. Aller simple. Ce qu’il s’est passé, c’est que j’ai eu envie de lire à voix haute de crier ce texte. Je voulais que tout le monde l’entende, que tout le monde puisse ressentir sa puissance et sa beauté. J’avais dans les mains la preuve par A+B que le Beau existait et qu’il pouvait changer le monde. Puisqu’après l’avoir lu, chacun sentirait monter en lui un amour immense qui le déborderait et inonderait la planète ( Mais l’amour infini me montera dans l’âme, et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la Nature-…heureux comme avec une femme– Arthur Rimbaud, extrait du poème Sensation. Il dit mieux que moi ce que je veux dire).

Parce que ce livre là, il te parle d’amour, ok, mais comme personne t’en a parlé avant. Il te parle de ce que tu peux ressentir envers et contre tout, de plus fort que fort, un truc tellement puissant, pur et juste qu’il te porte et qu’il donne la force de te battre contre tout ce qui pourra se mettre en travers de ta route. Il te parle de l’amour de Zacharie pour Katell, et de l’amour qu’eux deux portent déjà à cet enfant qui est en train de grandir dans le ventre de Katell. Même si les autres sont pas d’accord, même si ça va pas être facile, même si ça va tout changer, tout bousculer, mettre si ça va foutre en l’air ce qui était prévu.

Moi, on m’avait jamais parlé d’un amour aussi puissant. Et je me disais que je serai jamais capable de dire un truc comme Zacharie, aussi beau, et aussi fort, et j’étais content que lui, il le fasse pour moi, qu’il palie mon manque d’amour, qu’il ose là où j’étais lâche. Et que j’étais contente de pouvoir dire ses mots, qui par ma bouche, allaient devenir un peu les miens.

Mais les choses changent (c’est drôle, j’avais fait un petit lapsus, j’avais écrit « les choses chantent »…) et aujourd’hui, j’attends un enfant, et, moi qui ait frénétiquement offert ce livre à tous mes potes qui allaient devenir parents, je le relis avec encore plus de larmes dans les yeux et d’amour dans le ventre, et je me dis que je savais même pas que c’était possible de pouvoir ressentir tout ça en vrai.

Et tu sais le plus fou, c’est que j’ai toujours pas les couilles de Zacharie, j’ai toujours pas le courage comme lui de « voul[oir] que tout le monde le sache […] Que tout le monde sache que t’étais pas un accident ». Moi j’dis la vérité, que c’est un accident, un putain de bel accident mais quand même, je suis obligée, encore, pour l’instant, de boire les mots de Zac pour m’doper et m’donner du courage.

« Parce que t’auras quel âge exactement ? Y’a un truc qui ne colle pas. C’est pas logique. A ta naissance, t’auras pas zéro an. Ce n’est pas vrai. […] Tu vas naître et…putain, tu vas naître…Tu vas naître et, pour moi, t’auras déjà tout ce passé-là »

Pour finir, Monsieur Thomas Scotto, je voulais vous dire que tous vos livres font de moi une plus belle personne, quelqu’un de meilleur ; que vos mots résonnent toujours avec beaucoup de douceur, de justesse et de beauté, et que j’aime par dessus tout lire et raconter vos histoires, parce que je sais vous touchez, tout le monde. Merci.

*liste non-exhaustive, non-contractuelle, dans la limite des stocks disponible, classée dans un ordre complètement aléatoire, susceptible de changer dans la seconde qui suit.

ps: en Corée du sud, on naît à 1an. Du coup, en âge coréen, t’as un an de plus. #tumourrasmoinsbête

 

 

 

Publicités

2 commentaires sur « Ma Tempête de neige/ Thomas Scotto- Actes Sud, coll. D’une seule voix, 2014. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s