Y a pas de héros dans ma famille ! / Jo Witek, Actes Sud, 2017

On ne choisit pas sa famille. #pèreabsent
Retweeté par @Jésus_officiel                                      

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Mercredi c’est article. Et je me suis dit, tiens, si pour changer je parlais d’un truc bien fendart qui donne des courbatures aux zygomatiques et aux abdos. Mais oublie, j’suis pas une rigolote.
Hier, en déballant (un peu) mes offices de romans, je suis tombée sur ce petit livre édité chez Actes Sud, Y a pas de héros dans ma famille, écrit par Jo Witek. Et la couv m’a fait marrer.

couvwitek
C’est donc décidé, aujourd’hui on va parler famille les gars !

 

Pour commencer, je me suis demandé moi aussi s’il y avait des héros dans la mienne (de famille, vous suivez toujours ?). Je me demande si j’ai encore l’âge de considérer que mon père est le papa le plus fort du moooonde, et que ça en fait un genre de superman.  Ou encore si, comme la maman du héros, le fait que ma mère ait été assignée à résidence pour la garde de ses monstres en fait une héroïne style tragédie grecque (Ô Range, Ô repassage, Ô sandwich au pain de mie…).

hbSans rapport mais tant que j’y suis : bon anniversaire maman !


Revenons-en à nos moutons. Maurice Dambek, alias Mo, mène un peu une double vie entre celle bien rangée de l’école – où il est bon élève – et la maison où ça parle fort, où on s’appelle Bibiche, Titi et Gilou,  placée en plein quartier des « romanichels » même si on est une famille de « polaks » et où l’on trouve refuge dans une baignoire pour faire ses devoirs. Tout se passe bien, jusqu’au jour où ces deux mondes s’entrechoquent avec la visite du copain d’école de Mo : Hippolyte Castant…

Ce roman accumule quelques clichés (nan mais vraiment ‘Hippolyte’ ?) MAIS Mo est un petit garçon méga attachant, plein de malice et d’intelligence, ce qui donne naissance à de jolis moments. D’ailleurs c’est décidé, j’adopte un Mo. La lecture est facile, fluide et aborde en douceur la thématique de la famille et de son importance dans la construction de l’individu.

Parce que, si on n’est pas non plus dans l’illustration des théories du déterminisme social et/ou des thèses sociologiques de Boudon et Bourdieu, les romans qui parlent de la famille ont tous en commun d’être un petit laboratoire de la construction de l’individu grâce ou malgré leur environnement familial. Coïncidence ? Non je ne pense pas… Je pencherai plutôt pour une théorie du complot qui tiendrait dans le fait que les auteurs et les éditeurs soient renseignés sur le développement psychologique de l’enfant et qu’ils sont donc ‘au courant’.

gandalf
Fuyez, pauvres fous (d’ados)

Au courant de quoi donc ? Et bien tout simplement que le mammifère Homme commence à se construire en tant qu’individu  vers 8-12 ans en s’écartant du cocon famille, et en se rapprochant plutôt des copains (et donc sentez venir la période des justin bieber punaisés au-dessus du lit, des baffles hurlant des tubes pasteurisés et de la basket à LED clignotante) préparant la grande aventure tumultueuse de la vie : l’adolescence

pitié
Pitié, je veux pas y retourner, JA-MAIS

Où est-ce que je veux en venir ? Et bien cette grande question donc de la construction et de la famille, on la retrouve dans pas mal de romans jeunesse, ados et adultes, parfois c’est drôle, parfois carrément flippant.

Dans mon top famille, on retrouve Dysfonctionnelle, roman auquel m’a fait penser Y a pas de héros dans ma famille, notamment sur la construction du récit et sur tout l’amour qui s’en dégage.Dysfonctionnelle

(on vous a déjà dit qu’on aimait d’amour la collection x’prim des éditions Sarbacane ?)

Dans ce roman, Axl Cendres fait voler en éclats tous les préjugés et les normes. Fidèle (ou Fifi, ou Bouboule) nous livre sa famille complètement farfelue avec tendresse et humour sans tomber dans une histoire guimauve. C’est drôle, piquant, parfois triste et injuste, parfois acidulé, un peu doux, mais c’est surtout la vie, « Au bout du monde ». Et comme dirait l’auteur : « A toutes les familles dysfonctionnelles, qui ne marchent pas ‘comme il faut’, mais qui tiennent debout quand même ». Bref, on n’aime pas, on n’adore pas… ON IDOLÂTRE (mais on a su rester dans la mesure)

Et parce que je trouve qu’on a assez rigolé avec ces histoires, il y a aussi les romans qui font froid dans le dos, ceux où tu te dis « ouh pinaise, je l’ai échappé belle » et où, à la fin de la lecture, tu appelles tes parents pour les remercier d’être juste des gens normaux en les implorant de te pardonner toutes tes vilaines bêtises (pour lesquelles, sachez-le jeunes lecteurs, ils sont en principe très au fait…).

Janis est folle, Olivier Ka, éd. Le Rouergue, coll. DoAdo noir, 2015.
Une claque ! L’histoire d’une mère paumée et d’un fils prêt à tout pour la protéger. Les secrets de famille qui bouffent les entrailles. Beau coup de poing. « Comme bien souvent, la situation dans laquelle nous nous trouvons est le résultat d’une suite d’évènements qui, à priori, n’ont rien à faire ensemble. C’est notre spécialité, ça. Accumuler les maladresses, les malchances, les incongruités, pour nous retrouver dans la fange ».

Les fragiles, Cécile Roumiguière, ed. Sarbacane, coll. X’prim
Drew, 17 ans, est le fils de Cédric et Cindy, devenus parents à l’adolescence, restés ensemble pour leur enfant. Cédric, alcoolique et violent « mais c’est pas sa faute » et Drew ne se comprennent pas. Si l’un voudrait que son fils soit plombier, comme lui, l’autre se sent obligé de cacher ses (bons) résultats scolaires. Mais ce qui gangrène encore plus leur relation, c’est qu’à l’âge de 10 ans, Drew a vu son père renverser un homme, continuer sa route, et insulter la victime de « sale nègre ».

choqué

Allé vas-y grandis normalement maintenant.

(cette liste est très exhaustive, j’ai vraiment pris sur moi pour ne pas donner plus de titres, donc vous pouvez faire de l’accumulation en bas, dans les commentaires, moi ça me ferait plaisir ❤ )

En plus adulte, je sors un peu donc du cadre qu’on s’était fixé, mais je ne peux taire plus longtemps mon adoration (Valentine Goby, cette déclaration d’amour littéraire est pour toi) pour Un paquebot dans les arbres.

paquebotJe vais me contenter de copier/coller le résumé des éditions Actes Sud tellement je ne veux pas profaner cette merveille : Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.
À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

En conclusion, et histoire d’encore alourdir ce pavé du mercredi, je dirai que la famille des fois c’est chouette, mais des fois, ça craint. Pour se quitter le cœur léger, et pour rester dans la thématique, un petit extrait d’un de mes derniers coups de cœur albums :

« On est là.
On habite ici.on-fait-des-miettes-couv
On est plusieurs, on est plein.
On s’appelle Mats, Ellen, Yasmina,
Josefin, Mira, Olof et Karim.
On a des tantes, des oncles, des papas,
des mamans et des deuxièmes papas.
Et un chien qui s’appelel Spider.
On construit un château.
On joue aux cartes.
On fait des miettes, on imite le coucou.

Et soudain, on sort. »

 

On fait des miettes, on imite le coucou, L. Ekhdal et E. Hanquist, éd. Cambourakis, 2016

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2 commentaires sur « Y a pas de héros dans ma famille ! / Jo Witek, Actes Sud, 2017 »

  1. KEWA je découvre un roman de Jo Witek ET un du Rouergue dont je n’avais jamais entendu parler ! Je ne suis pas venue pour rien alors ! Bon eh bien maintenant ma curiosité est piquée et j’ai diablement envie de lire Y a pas de héros dans ma famille et Janis et folle, merci 😀

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