Top 5 des titres géniaux qui vous sont (peut-être) passés à côté

Ahhh, les joies de la maternité…

ezxwf.gifC’est comme ça quand t’as plus le temps de lire des nouveautés, tu fais les fonds de placard de ta mémoire… et c’est là que tu te rends compte que:

  • si t’avais suivi les conseils de Super Lupiot et que t’avais tenu un cahier de lecture depuis le début, t’en serais pas réduite à supplier tes collègues de t’envoyer les compte-rendus des comités de lecture des 100 000 dernières années
  • t’as quand même lu pas mal de trucs géniaux
  • parmi ces trucs géniaux, la plupart n’ont certainement pas eu le succès qu’ils méritent.

Dieu merci, ta fille dort (ahahah, vaste blague, ça fait 3 jours que je suis sur l’article…), et tu peux revêtir ta culotte de maintien et ton soutien-gorge d’allaitement de SuperBibliothécaireAcariâtre et rétablir l’ordre et la justice.

On commence donc ce Top 5 des livres que trop peu de monde a lu, et c’est fort dommage.

N°5

SidonieSidonie c’est fini / Raphaële Botte – Thierry Magnier, 2014

Je vous ai déjà parlé de mon amour sans limite pour la collection Petite Poche de chez Thierry Magnier, ben je vous en reparle.

disque_Cabrel
et ça continue encore et encore, c’est que le début d’accord d’accord

Et pour une fois, je vous mets la 4e de couverture : « Lucien a croisé Rose dans l’escalier, elle a l’air bien marrante, et plutôt jolie. Il tombe sous le charme. Mais comment le dire à Sidonie ? Un peu de mensonges, un rien de manipulation, et voilà : Rose est la nouvelle élue ! « .  Mon Dieu que c’est aguicheur, que ça m’a l’air immoral et rigolo, que j’aime ça. Point de fausses promesses et une chute à tomber par terre (aha. aha. aha. Je vous ai déjà dit que la maternité rendait drôle ? ou la fatigue ? ou la chute des hormones ?). Je meurs d’envie de vous spoiler le truc, mais je me retiens. Pour que vous le lisiez. Sinon cet article est nul et non avenu. Sachez juste ça : les enfants ont des problèmes et vivent des dilemmes moraux bien plus important que la tartine de Nutella : avec ou sans beurre ? Oui, ils vivent, oui, ils aiment, mais alors quoi ? Ne sont-ils pas des hommes et des femmes eux aussi ? n’ont-ils pas, comme nous, un coeur ? Lucien doit choisir entre Sidonie et Rose, et, pour l’aider à répondre à cette épineuse question (épineuse/Rose…tu captes ? C’était Crousticlown pour moi au p’tit dej ce matin, si jamais tu te demandes), rien de mieux que de demander l’avis de maman, qui l’aidera, c’est sûr, à prendre la bonne décision. Bref, encore un livre qui répond à des questions existentielles et qui, avec Lucien, nous fait grandir en maturité. Et donc toi, t’es plutôt #teamSidonie ou #teamRose ?

 

N°4

How-to-loveHow to love / Katie Cottugno – PKJ, 2015

Ok, ne faisons pas comme cette météo qui fait semblant que c’est encore l’été et que tout va bien, ne nous voilons pas la face, c’est l’automne, les feuilles vont tomber avec vos cheveux et votre moral, et dans ce cas là, quoi de mieux qu’How to love ?
Reena et Sawyer ont grandi ensemble, leur parents sont associés dans la gestion d’un restaurant. Reena aime Sawyer, et Sawyer aime Reena. Elle a 17 ans, et elle tombe enceinte, et Sawyer disparaît. Deux ans plus tard, elle s’est reconstruite tant bien que mal, dans une famille qui n’accepte pas si bien que ça sa maternité, mais qui tente de sauver les apparences. Elle a retrouvé un amoureux, un équilibre, quand Sawyer réapparait…

hhhouuuuu…. suspens….

Il y a des romans qui n’ont l’air de rien, qui ressemblent à d’autres romans qu’on lit, qu’on oublie, alors qu’en fait, pas du tout. How to love fait partie de ceux-là. Ça a l’air d’un truc chick litt à deux balles, avec une couverture bien rose, bien fifille (désolée cher graphiste de chez PKJ), et ben pas du tout. Je l’ai lu 2 fois, avec toujours la même émotion, toujours ce même sentiment d’essorage interne : les personnages n’avaient pas changé en 2 ans, ils étaient resté profonds, pas caricaturaux, hyper humains, avec leur lâcheté, leur courage, leur façon d’aimer bien à eux, leur personnalité…
Autant vous dire qu’on rit, qu’on pleure, qu’on a des frissons et qu’on a 14 ans, quand on lit ce roman, parce que c’est à la fois touchant, frais et pas culcul pour un sou (ou, d’accord, pour un sou, mais pas deux).
Donc idée recette pour affronter la future morosité automnale (qu’on attend et qu’on adore, justement pour nous offrir à nous-même ce genre de moment) : How to love, un bon fauteuil avec une couverture moumoute, un chocolat chaud aux chamallows, de la neige et The cautionary tales of Mark Oliver Everett, de Eels, en fond musical, combo gagnant pour la soirée la plus romantico-douillette de l’année, en tête à tête avec vous même. (Vous pouvez éventuellement rajouter un chat ronronnant, un petit feu et une bonne nounou).

N°3

Mon frère, ma princesse / Catherine Zambon – L’École des Loisirs, 2012.
Je vous en ai un peu parlé, je crois, dans l’article sur les stéréotypes. Si je l’ai pas fait, ben… c’est naze.

3 raisons d’aimer ce livre : 1- Catherine Zambon, cette meuf incroyable qui écrit des livre d’une force incroyable parce qu’elle sait à quel point les enfants sont capables d’encaisser des trucs incroyables. 2- L’intelligence remarquable de ce texte, la façon dont la thématique est traitée, sans concession mais de façon tout à fait adaptée. 3- La forme : c’est du théâtre ; ça ouvre des portes, ça élargie les horizons, ça change, ça fait respirer.

Mon frère ma princesse est donc une pièce de théâtre pour enfant (rien que ça, ça me fait pensé que t’es quasi-forcément passé à côté) qui traite le fait suivant : un petit garçon qui voudrait être une fille, qui aime se déguiser en princesse, et pas juste chez lui. Ouep. Je sais. ça devrait pas, mais ça jette un froid non ? Tu te dis : j’aimerai bien avoir ce livre dans ma classe/bib, j’aimerai travailler dessus, monter la pièce. Si je le lis, je vais aimer. Mais tu sais aussi que ça passera pas trop, si tu montes cette pièce, si tu fais lire ce livre, tu sais qu’il te faudra sûrement te justifier, trouver des arguments, mentir peut-être, faire genre « ah ben didondidondidonc, qu’est-ce qu’est c’est là ça? ». Enfin, je dis « tu », mais je pourrais dire « je »… vla le silence en comité quand je l’ai présenté… et c’était même pas des parents einh… Parce que c’est assez terrible, mais vrai, la plupart des gens ne sont toujours pas prêt à lire, à voir ça, surtout si ça s’adresse à des enfants, du coup, ceux qui eux, sont prêts, sont rarement soutenus. Et pourtant, quelle pièce exceptionnelle, qui mérite d’être lue, connue, partagée, parce qu’elle sonne vraie, juste et qu’elle est importante. Elle donne à réfléchir sur nous, nos assignements, nos cadres et nos cases,et c’est pas forcément facile.

N°2

elliottElliott, super-héros / Cécile Chartres – Le Rouergue, 2015

Qui n’a pas rêvé d’avoir un super-pouvoir ? un truc de dingodingue qui permettrait les trucs les plus fous ? Elliott. Elliott n’a pas forcément rêvé d’attraper un super-pouvoir, et pourtant, ça va lui tomber dessus, comme ça, en pleine heure de colle avec les pires cancres de l’école. Être collé avec des cancres, pour Elliott, le meilleur élève de sa classe, le chouchou d’amour de la maîtresse, c’est vraiment nazissime, le pire truc du pire truc, parce que lui, normalement, c’est le mec gentil à lunettes, qui connaît les bonnes réponses que tout le monde aime… dans le corps enseignants. Les élèves, c’est autre chose. Heureusement, le malheur des uns fait parfois le bonheur de la même personne ou un truc comme ça : cette heure de colle va changer la vie d’Elliott et lui permettre de devenir cool grâce à un événement complètement hors du commun qui va lui conférer , à lui et aux deux autres pires crétins qui sont collés avec lui, des pouvoirs grâce auxquels ils deviendront une team de choc. Ouai, parce qu’après cet événement incroyable, la vie d’Elliott ne sera plus jamais la même, maintenant qu’il peut… parler aux chats. Et oui ma gueule, dingodingue jte disais… Un coup du destin qui rapproche des enfants que tout oppose et se dépasser soi-même pour s’accepter et accepter les autres, c’est en tout cas le pouvoir magique de l’imagination et de ce roman vraiment tordant. Extrait : « Il y avait ce ballon qui traînait dans un coin de la cour. Il était tout seul. Tout rond. Et oublié de tous. Je n’ai jamais aimé ça moi, les ballons ronds oubliés. Et celui-là m’a fait particulièrement de la peine. A bien y regarder, il me ressemblait un peu. Comme moi, personne ne s’intéressait à lui. Et comme moi, il ne se dégonflait pas pour autant. Enfin, il essayait. Parce qu’au fond, il ne devait pas se sentir super bien »

N°1

dlpaddDe la part du diable / Aina Basso – Thierry Magnier, 2015

Sans conteste l’un des meilleurs livres lu ces dernières années. Il me revient sans cesse en tête, inlassablement, j’y pense à chaque fois que je pense Norvège, que je lis Norvège, que je vois Norvège à la télé.

Le roman commence au Danemark, pays qui m’est cher s’il en est, où l’on suit Dorothe, 16 ans, qui va être mariée à un pasteur bien plus vieux qu’elle, dont la mission est de partir au nord du nord du nord de la Norvège (tu vois Lille ? Ben encore plus au Nord) pour installer l’église protestante dans ces lointaines contrée où les croyances traditionnelles sont encore bien installées.

norvegenord
genre là.

On est au 17e siècle, et l’Église protestante est moyen moins rigolote à cette époque, et relativement intolérante envers  les « sorcières » (NB : si tu veux savoir si une personne est une sorcière, rien de plus simple : tu la jettes à l’eau avec une pierre, si elle coule, bon, c’était pas une sorcière, mais elle est morte, si elle flotte, c’est une sorcière, tu peux la brûler… une fois qu’elle est sèche, bien sûr… ou alors elle brûle même mouillé? avec les sorcières, on est souvent surpris…). Dorothe se retrouve donc, après un long périple en bateau, loin de sa lumineuse Copenhague, dans un milieu d’une austérité sans précédant, avec un mari d’une austérité sans précédant, ce qui fait beaucoup d’austérité sans précédant d’un coup.

Parallèlement, on suit Elen, qui habite le bled austère sus-nommé. Sa mère est reconnue, crainte et admirée pour sa capacité à faire des potions, à soigner les hommes, les femmes, les animaux. On l’appelle pour les accouchement difficiles, les maladies, mais on la tient à l’écart (tu le sens venir le coup de la sorcière?), et tout va basculer pour elle avec l’arrivée du pasteur et le changement des mentalités qui s’en suit.

Très riche et bien documenté, ce roman historique à l’atmosphère aussi rude que le pasteur et le climat polaire de ce coin de la Norvège, De la part du Diable est un roman passionnant, extrêmement bien écrit (ça m’a fait pensé à du Tracy Chevalier, mais peut-être je m’emballe un peu… je pense à Tracy Chevalier à chaque fois que je lis un roman historique donc…) avec des personnages à l’évolution intéressante. Si j’ai moins accroché au personnage d’Elen, j’ai suivi Dorothe avec beaucoup d’intérêt : la transformation de la jeune fille frivole en femme de pasteur, l’évolution du regard qu’elle porte à son mari, à la population du village, tout est vraiment bien pensé. Ceci dit, le roman vaut vraiment pour son atmosphère incroyable et le côté historique que j’ai trouvé passionnant.

Quand je pense au nombre de personnes qui n’ont pas lu ce livre, j’ai mal à mon ptit cœur de pâte.

Vraiment.

Voilà, si vous faites partie de ces pôôvres âmes perdues qui n’ont pas lu ces romans, il n’est pas trop tard, ne me remerciez pas et courez chez votre libraire ou dans votre bibliothèque les réclamer. Exigez la qualité DTP.

wink

 

Publicités

5 commentaires sur « Top 5 des titres géniaux qui vous sont (peut-être) passés à côté »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s